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Te deum salmien - 21 juillet 2020

Ce 21 juillet, Monsieur Elie Deblire a prononcé un discours à l'occasion du Te deum salmien. Vous retrouverez l'intégralité de celui-ci ci-dessous : 

 

" Monsieur le Président de la fraternelle des Chasseurs Ardennais, Monsieur Lucien Paquay,

Monsieur le Représentant de la Police, Monsieur le Commissaire Daniel Deneve,

Chers Collègues du Collège, du Conseil communal et du Conseil de l’Action Sociale,

Monsieur l’Abbé, Monsieur Frédéric Lutété,

Madame la Directrice générale, Madame Anne-Catherine Paquay,

Madame la Directrice générale du CPAS, Madame Isabelle Colson

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités et associations patriotiques et en particulier Chers porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités judiciaires, civiles et militaires,

Mesdames et Messieurs les représentants de l’enseignement, du monde économique, social et associatif,

Chers Salmiens,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer notre fête nationale.

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir à l’occasion de ce 21 juillet 2020, très particulier … faut-il le dire !

Permettez-moi tout d’abord d’excuser l’absence de nos amis de Bruyères en Vosges.

Ils sont à nos côtés tous les 21 juillet depuis 60 années.

Vous imaginez un peu …

De notre côté, malheureusement nous ne nous sommes pas rendus chez eux ce 14 juillet.

Coronavirus et Covid-19 … obligent !

Nous allons y revenir.

Pour débuter, revenons … un peu sur notre histoire … comme je le fais à chaque fois … tout en essayant d’aborder les choses d’une façon différente !

Mais sachez tout d’abord que c’est à la suite de la révolution de 1830 et de la proclamation de l'indépendance de la Belgique, que le Congrès national décida de faire de notre beau pays une monarchie constitutionnelle.

C'est ainsi que Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha prêta serment le 21 juillet 1831, devenant Léopold I, 1er roi des Belges.

La fête nationale eut d'abord lieu le 27 septembre, commémorant ainsi les «journées de septembre », autre nom de la révolution belge.

Et c'est sous le règne de Léopold II, le 27 mai 1890, qu'elle fut fixée au 21 juillet, et ce afin d'associer ce jour de fête à la personne du roi.

Dès lors, chaque année, le pays entier célèbre sa fête nationale, sous de multiples formes : défilés, commémorations, discours, bals, fêtes populaires.

A cette occasion, les habitants, belges et autres, mais aussi les visiteurs et les touristes, se réunissent par milliers.

cette année est différente ...

Cette année, pas de grande fête, pas d'événement populaire, pas de sabbat, pas de cortège chez nous …

L'épidémie de Coronavirus a changé la donne.

Ce contexte particulier de déconfinement un peu angoissant, de distanciation sociale, de port du masque, de mesures d'hygiène, de protection mutuelle, nous pousse à revoir notre quotidien, nos habitudes, nos priorités, ...

J’ai la franchise de vous avouer que les choses n’ont pas été simples à gérer chez nous comme dans bien d’autres endroits mais tout de même.

A ce jour, cela reste compliqué et la façon d’agir, les décisions prises restent sujettes à caution.

Je constate aussi que les pouvoirs de tutelle se déchargent de certaines de leurs responsabilités sans toutefois y joindre les moyens financiers mais également humains nécessaires.

Le rôle du mandataire de proximité, que nous sommes, devient de plus en plus complexe et les responsabilités qui pèsent sur les Bourgmestres sont lourdes.

Des décisions doivent être prises et souvent de plus en plus rapidement.

De plus, ces décisions sont bien davantage commentées aujourd’hui qu’hier.

En effet, en cette période sensible, les réseaux sociaux ont bien sûr des effets tout à fait positifs, pour informer rapidement et en permanence sur l’évolution de la pandémie, ils ont facilité le télétravail, ils offrent à des personnes isolées un moyen de conserver un lien social en période de confinement, ils favorisent la multiplication d’initiatives de soutien et d’entraide.

Cependant, ces quelques aspects positifs ne sauraient occulter les dimensions désastreuses du phénomène qui justifient l’alarme tirée par de nombreux spécialistes et responsables mondiaux dont de l’OMS !

Les médias sociaux amplifient de façon dramatique la psychose qui accompagne la propagation du virus, ils véhiculent une désinformation permanente qui nourrit la stigmatisation, le ressentiment et la division.

Encore plus insidieuses sont les multiples théories du complot qui prolifèrent…comme par exemple : « La Chine qui aurait délibérément infecté sa population ou le covid-19 qui serait un effet du nouveau standard de téléphonie mobile 5 G ou encore le virus aurait été breveté par un laboratoire lié à Bill Gates et pourquoi pas se persuader que ce virus aurait été créé par une grande firme pharmaceutique pour vendre des vaccins »

Plus grave encore la stigmatisation xénophobe et raciste envers certains groupes accusés de propager le virus comme ce fut le cas des chinois et d’autres asiatiques vivant chez nous depuis des années et n’ayant eu aucun contact physique avec leur pays depuis parfois plusieurs années !

désinformation prend parfois un virage politique et il faut avoir les reins solides pour résister et poursuivre son chemin qui doit toujours être guidé par l’intérêt général.

Ce n'est qu'en nous montrant unis, « proches », en quelque sorte, les uns des autres, que nous pourrons supporter et surmonter cette crise sanitaire, sociale et économique.

Oui, une seule option s'offre à nous : la solidarité.

Et cette solidarité, nous l'avons vu, existe.

exemples se sont multipliés, dans le monde, dans notre pays mais aussi dans notre commune.

A toute chose malheur est bon.

pourquoi je voudrais remercier une fois encore, du fond du coeur, toutes les personnes qui ont oeuvré, et qui oeuvrent encore, pour le bien commun.

Les travailleurs de différents secteurs, les organisations de bénévoles, mais aussi toutes ces personnes qui ont prodigué, dans leur vie privée et dans l'ombre, un peu de confort et de chaleur, aux malades, aux personnes plus touchées, ou plus fragiles.

Oui, la santé et l'éradication du virus sont prioritaires.

Mais des conséquences sociales et économiques subsisteront également, ce n'est un secret pour personne.

Puissent les pouvoirs publics prendre et mettre en oeuvre les bonnes décisions.

Puissions-nous en tant que citoyens continuer à nous montrer solidaires et responsables.

Ces derniers mois ont aussi été politiquement difficiles pour notre pays.

Le 21 décembre 2018, jour de la démission du gouvernement, la Belgique entrait en affaires courantes.

Et le scrutin du 26 mai 2019 n'y a, jusqu'à présent, rien changé.

Bien sûr, durant cette période particulière, le gouvernement Wilmès II de plein exercice et détenteur de « pouvoirs spéciaux » a pris ses responsabilités.

Le pouvoir législatif est en place.

Mais nous restons pour l'instant dans l'attente d'un gouvernement majoritaire, stable, et oeuvrant dans le seul but du bien-être de tous les habitants de notre pays.

Nous ne pouvons passer sous silence, un jour comme aujourd’hui, les velléités de certains et les craintes qui nous animent de voir notre pays se déchirer dans des marchandages qui ne feront que compliquer notre avenir.

L’avenir des belges.

Des belges qui ne souhaitent qu’une seule chose, vivre dans la paix et la sérénité et qui sollicitent des femmes et des hommes politiques du bon sens et surtout qu’ils travaillent et se préoccupent des vrais problèmes.

Nous restons attachés à la Belgique.

Nous ne voulons pas galvauder cet héritage et les valeurs essentielles de notre union entre flamands, bruxellois, germanophones et wallons.

L’essentiel est d’œuvrer au bénéfice des gens, au mieux-être de chacune et de chacun, à l’amélioration de notre cadre de vie et offrir à toutes et tous des conditions de vie décentes et dignes d’un 21ème siècle en perpétuel mouvement mais où l’avenir de nos enfants et petits enfants doit être garanti.

Formons le voeu de voir les différents partis s'accorder sur ces valeurs fondamentales.

Union et cohésion, c'est ce que nous souhaitons à notre petite Belgique, si riche de ses différences et de ses multiples facettes.

L'année 2020 est aussi l'année du 60ème anniversaire de l'indépendance du Congo.

Sujet sensible et difficile à nouveau pour notre pays, mêlant tellement de notions, telles que la suprématie d'un état et les conséquences de la colonisation, les conditions de vie d'un pays colonisé avant et après son indépendance, la légitimité des regrets et pardons, l'enseignement et la transmission de l'histoire, les droits et devoirs des pays « fondateurs », le déséquilibre riches-pauvres, l'abus de pouvoir, la dictature, l'état de droit, la culture démocratique et le respect des droits de l'homme, et bien sûr, malheureusement terriblement d'actualité, le racisme.

Notre roi a adressé un message rempli de sincérité et d'humanité au peuple congolais, qui l'a accepté et apprécié.

Des actions réparatrices nous sont aussi demandées.

Nous nous devons d'adopter une attitude loyale et juste envers ce beau pays auquel nous sommes si intimement liés.

Je ne serai pas plus long mais ce n’est déjà pas si mal, dirons certains !

Je vous souhaite, malgré tout, le meilleur.

Je vous souhaite de rester unis et solidaires, et de toujours garder espoir.

Je vous souhaite une belle journée de fête nationale.

Vive la Belgique, vive le Roi ! "

Elie Deblire

Le 21 juillet 2020