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Berce du Caucase

Zoom sur la berce du Caucase : espèce végétale invasive

Initialement importée pour son potentiel mellifère et esthétique, la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) se répand le long des berges de nos eaux de surface, des routes, des lisières forestières, et des prairies gérées de manière extensive.

Une espèce est considérée comme invasive lorsqu’elle est à la fois exotique, et envahissante : la berce du Caucase remplit tous les critères.

  • Mais qu’est-ce qui explique l’expansion massive de cette plante ?

Après introduction dans les parcs et jardin, la berce du Caucase a rapidement trouvé son chemin pour s’en échapper. Ses graines sont dispersées jusqu’à 5 mètres des plants mère, sauf en bord de cours d’eau où celles-ci peuvent flotter et se propager à plusieurs dizaines de mètres. A la faveur des crues, la dispersion peut atteindre plusieurs centaines de mètres, voir plusieurs kilomètres.

Cette invasive pionnière pousse en peuplements denses, et empêche nos plantes indigènes de s’épanouir : elle appauvrit la diversité floristique des terrains colonisés. Outre son impact environnemental, l’envahissement massif des berges limite les activités récréatives telles que la pêche, ou encore la randonnée.

La sève de la berce du Caucase est composée de substances chimiques « photo-sensibilisantes ». A son contact, la peau est extrêmement sensible aux rayons du soleil, et subit de graves brûlures. Notons que quelques-unes de nos plantes indigènes (ex : berce commune) peuvent également être à l’origine de brûlures, mais moins importantes.

Depuis 2011, le Service Public de Wallonie a initié un plan régional de lutte contre la berce du Caucase, fondé sur un inventaire détaillé et une destruction massive de cette dernière. Les Contrats de Rivière sont acteurs de la mise en œuvre de ce plan.

  • Comment la reconnaitre ?

Cette plante bi- à pluriannuelle présente une taille allant jusqu’à 4 mètres.

Fleurs blanches disposées en grandes ombelles dont la principale fait plus de 20 cm de diamètres. Plus de 50 rayons.
Graines ovales présentant 4 sillons bruns enflés.
Feuilles matures dentées et fortement découpées, de très grande taille.
Tige creuse à section ronde, d’un diamètre allant jusqu’à 10 cm à sa base. Très nombreuses taches pourpre.

  • Que faire pour en limiter la propagation ?

Des actions sont menées pour limiter leur production et vente, mais c’est également au citoyen d’agir :

  1. Apprendre à la reconnaitre;
  2. La signaler au service environnement de votre commune et sur le site biodiversité  ;
  3. Ne pas l’acheter, ni la vendre ;
  4. Gérer les éventuelles petites populations au jardin, sous réserve d’une protection adéquate de la peau !

État des lieux de la Berce du Caucase sur le bassin de l’Amblève

Pour les contrats de rivières (CR) de Wallonie, 2024 a rimé avec un « berce check » complet. En effet, chaque CR a dû vérifier l’entièreté des sites historiques connus de berce du Caucase.

L’objectif ? Avoir une vue d’ensemble complète et actualisée de la situation au niveau des populations de berces du Caucase sur notre territoire.  En plus du meilleur suivi, nous avons, grâce à ces données compilées à toutes les données disponibles des années antérieures, mis en évidence l’éradication de certaines populations.  

Pour le bassin de l’Amblève-Rour, la tâche n’était pas mince ! Nous sommes, en effet, le contrat de rivière avec le plus grand nombre de populations, à savoir 946 sites au terme de la saison 2024 (sur 4813 à l’échelle wallonne). Ce grand nombre de populations traduit la bonne connaissance de la situation grâce à notre inventaire complet et notre bon suivi de l’évolution de la plante.

Depuis 16 saisons consécutives, sur l’entièreté de notre bassin, nos partenaires concernés œuvrent activement dans la lutte contre cette espèce. Et 2024 n’a pas fait exception ! En plus de l’inventaire de terrain, cet inventaire a été l’occasion de reprendre contact avec certains gestionnaires et propriétaires privés. Dans certains cas, une formation à la bonne gestion a été dispensée aux nouvelles équipes. Dans d’autres, l’équipe du CRA est intervenue directement pour gérer les situations urgentes liées aux berces, principalement lorsque celles-ci étaient en fleurs ou en graines.

Comment reconnaître la Berce du Caucase ?  

La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), originaire d’Asie, a été importée dans nos régions pour ses vertus esthétiques et mellifères. Cette ombellifère présente une taille impressionnante pouvant aller jusqu’à 4 mètres de haut. Elle présente de grandes fleurs blanches en ombelles avec plus de 50 rayons (la berce commune n’en comporte que 30 au maximum). D’autres critères peuvent également aider à sa bonne détermination, comme sa tige pleine présentant des taches pourpres ou encore ses feuilles d’aspects cirées et profondément dentées. Une plante donne ses premières fleurs entre sa 2ème et sa 4ème année.

Pourquoi est-il important de lutter contre la Berce du Caucase ?

Elle engendre des nuisances justifiant la mise en place d’un plan de lutte coordonné à l’échelle de la Wallonie depuis 2011. Sa principale nuisance concerne la santé. En effet, cette espèce produit des substances chimiques dites « photo-sensibilisantes ». En cas de contact avec la peau, combiné à une exposition au soleil, ces substances provoquent de sérieuses brûlures. Il est donc essentiel de rester vigilant, d’éviter tout contact et, dans le cadre d’une gestion, de s’équiper correctement !

La lutte contre cette plante est longue car une seule plante peut produire plus de 20 000 graines qui restent viables plusieurs années dans le sol (jusqu’à 7 ans). Une surveillance accrue des sites après gestion est donc primordiale pour garantir une bonne efficacité de gestion. Un site est considéré « éradiqué » une fois 5 années d’absence consécutives !

Résultats du berce check 2024 pour le bassin Amblève-Rour ?  

Nous pouvons être fiers du travail accompli en 2024 car 897 points ont pu être vérifiés au cours de la saison d’inventaire (entre avril et début juillet) et 12 nouvelles populations ont encore été découvertes. Certains points n’ont pas pu être inventoriés cette année : 4 populations dont nous sommes sûr qu’il y reste des berces et 33 populations inaccessibles.

Les résultats de cet inventaire complet montrent que :

§  118 populations ont été retrouvées en 2023 et/ou 2024, ces populations sont dites « non éradiquées » et représentent donc 12,47%.  

§  75 populations sont « éradication à confirmer », signifiant que des berces n’ont pas été observées en 2023 et 2024 mais une présence a été signalée au moins une fois entre 2020 et 2022 (soit 7,93%). Ces sites sont en voie d’éradication mais nous devons attendre 5 années d’absence pour être sûr que des graines ne subsistent pas dans le sol.  

§  271 sites peuvent être considérés comme « éradiqués » soit 28,65% (signifiant 5 années d’absence consécutives avérées).

§  Les 482 populations restantes présentent des lacunes au niveau des données transmises par les différents gestionnaires (il manque des données pour certaines années). On ne peut donc attester d’une éradication puisque nous n’avons pas les 5 années d’absence nécessaires. Cependant, pour environ 80% de ces points, la dernière observation connue de berces remonte à plus de 10 ans ! Les 20% restant ont des observations qui varient entre 2015 et 2019.  Ces populations sont donc classées comme « probablement éradiquées » et représentent 50,95% des populations du bassin.

Donc, en rassemblant les populations probablement éradiquées et les populations éradiquées nous obtenons un taux d’éradication de 79,6% des populations à l’échelle du bassin (ce taux représente bien la réalité observée sur le terrain).

Nous pouvons être fiers de ces résultats et restons donc motivés à poursuivre le suivi de lutte et la gestion de la berce du Caucase.

Merci à toutes les forces vives mobilisées !